Fiche n°580 Photo de Course lente avant l'aurore
Course lente avant l'aurore

Récits, 252 p.
Maelström, Bruxelles, 2015


Le samedi 13 juin, je signerai à Paris mon 33ième livre : 33+3+3 récits de voyages.
L’auteure a beaucoup bourlingué, souvent à pied, sac au dos, avec les moyens du bord : en jeep, en barque, à fond de cale, en autobus aux horaires fantaisistes, en trains à grande vitesse furieusement ralentis, en avion aussi, au temps de la courtoisie abordable… et, jadis, beaucoup en autostop. Avec le temps, de périples en itinéraires, les voyages ont changé de visage. Dans quel improbable lointain, dans quelle brûlante proximité se loge l’étrange ? Et que dire de l’étranger ?



Faut-il y voir un signe ? (mais de quoi ?) Ce beau recueil majoritairement composé de récits de voyages et de souvenirs anciens s’ouvre par un texte sur la Belgique. Qui, sous le crayon de la narratrice, devient un «embrouillamini de courbes». Soit, comme le dit celle à qui le dessin est destiné, «un écheveau à démêler pour me retrouver un pays». Au cours de sa vie, Rose-Marie François, qui a enseigné en Suède, a pas mal bourlingué – en vélo, en jeep, en barque, à fond de cale, en autobus, en avion, en autostop, en train, précise-t-elle. Du Grand Hornu, non loin de chez elle, où Vicente Minnelli tourne une vie de Van Gogh avec Kirk Douglas en 1955, aux Pays Baltes arpentés un demi-siècle plus tard. Et ce sont des écumes des ressentis accumulés durant tous ces voyages qu’elle nous fait partager à travers ces récits. Déconstruisant le temps, l’auteure mêle habilement destinations plus ou moins lointaines et pérégrinations peu exotiques. En 1971, elle arpente la Turquie sac au dos jusqu’au Kurdistan («pays au nom ensanglanté, écartelé sur plusieurs frontières»), avec un long arrêt obligatoire pour une hospitalisation. «C’était la mode, à l’époque, de trotter ainsi sur le globe, sans presque rien en poche», rappelle-t-elle. On la suit dans sa traversée de l’Italie en stop, dans une auberge de jeunesse finlandaise, à la Maison internationale des Écrivains et des Traducteurs de Ventspils en Lettonie, en Hongrie où elle rejoint une collègue de l’université d’Uppsala, en Chine où, avec son groupe, elle visite un camp de rééducation… «tellement réputé que les listes d’attente couvrent plusieurs mois» leur affirme-t-on sans sourire. Mais aussi à Mons, ville où elle est lycéenne et à laquelle elle consacrera un poème, à Liège où elle est nommée prof d’allemand en 1968… Ces textes ne sont pourtant pas tous autobiographiques, certains d’entre eux sont des fictions, comme celui dont le cadre est une librairie liégeoise. (Maelström RéEvolution) Michel PAQUOT http://culture.ulg.ac.be/jcms/c_2294724/fr/rose-marie-francois-course-lente-avant-laurore

Chère Rose-Marie, Ta Course lente avant l'aurore m'est bien parvenue hier. Quelle belle édition ! Je voudrais te remercier pour ta préface si pleine d'amitié et de reconnaissance [...] Toujours est-il que cela m'a beaucoup touché. Sans parler de ton exergue tirée d'un poème de notre Penio Penev national, surnommé le Poète à la Vareuse. Et aussi la référence à la Bulgarie, pp. 149-151. Tout cela est magnifique. [...] signé : Krassimir KAVALDJIEV


Photo 113 de Course lente avant l'aurore

Rose-Marie François © 2017