Fiche n°378 Photo de L'Aubaine
L'Aubaine

roman ISBN 978-2-507-00115-5
Luc Pire, Le Grand Miroir, Bruxelles, 2009


Les vacances commencent comme dans un classique de la littérature enfantine. Pourtant, on sent d’emblée que rien ne sera simple. On est pris dans un réseau d’échanges entre des personnages dont les ombres ne cessent de se déplacer.
Une fête de famille en Alsace, à la croisée des cultures, n’évitera pas le choc de l’Histoire, qui frappe et meurtrit encore la plus jeune génération, celle que l’on croyait « étrangère à tout cela ». Que pèse, pour l’être qui les porte, un prénom hérité, une mémoire bâillonnée ?
A l’image de nos cosmogonies fuyantes, dépourvues de centre, ce sont plusieurs personnages qui, successivement, jouent le rôle principal. Au lecteur alors de s’enrichir au gré d’identifications multiples. (4ième de couverture)

Vincent ENGEL, dans Victoire, supplément du journal Le Soir, juin 2009 :

La littérature est pleine de romans sur les victimes et l’héritage difficile que leurs souffrances impose à leurs descendants. On parle moins de l’héritage de la culpabilité du bourreau. Du bourreau ou de ceux qui lui furent proches, trop proches souvent. Dans “L’aubaine”, Rose-Marie François nous invite à un repas familial aux apparences banales. Mais nous sommes en Alsace, croisée des mondes, tranchée séculaire. Entre Allemagne et France, entre bourreaux et victimes, les générations d’après-guerre tentent de vivre, d’oublier, de reconstruire. Les fantômes sont nombreux, et le mort toujours saisit le vif.
Sur de tels sujets, il n’y a pas une vérité. Rien que des vérités fragiles construites par chacun. C’est pourquoi ce roman est polyphonique. Chacun fait entendre sa voix, mais aussi son silence. Lequel met en lumière la parole de l’autre, et ses manques.
Le roman sensible d’une poétesse qui sait ce que sont, entre ombres et lumières, la marche sur le fil des frontières et la navette qui tisse entre les peuples le tissu fragile de la culture. Vincent ENGEL

L'Aubaine est un "coup de coeur" de Luc Norin dans la Libre Belgique (fin décembre 2009)

Michel PAQUOT, le 21 juillet 2010 :
[...] ouvrir un roman paru en 2009, L’Aubaine, de Rose-Marie François. De cette poétesse picarde, semble-t-il, mais formée à Liège, connaissant plusieurs langues […], dont les recueils ont été couronnés par plusieurs prix et qui, jusqu’ici, n’avait écrit qu’un seul roman, Passé la Haine et d’autres fleuves, publié au Fram (à Liège) en 2001, je n’avais rien lu. J’ai été littéralement bluffé par la force littéraire de cette Aubaine. […] Dans ce roman qui s’aventure dans les pensées intimes de ses multiples protagonistes, tout en accordant une belle place à d’excellents dialogues, il est question de liens familiaux, bien sûr, mais surtout d’un passé douloureux, la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration, avec même une allusion au Rideau de Fer. Tout est parfaitement maîtrisé, ici, tant la langue dont la beauté ravit, que l’émotion constamment contenue, ce qui la rend encore plus puissante et riche. Michel PAQUOT

Le roman idéal pour éclairer les jeunes (et les moins jeunes) sur l’histoire
récente de l’Europe. Lucienne STRIVAY, sociologue, ULg.

Là où réside la véritable force de ce roman, c’est qu’il souligne l’impératif
éthique de transmettre non la blessure mais la guérison.
Ronnie SCHARFMAN, univ. of Purchase, New York, « La mémoire
ultérieure dans L’Aubaine » in : Rose-Marie François : des mots et des langues, L3, ULg, 2012, disponible chez cpagnoulle@ulg.ac.be

l'interview de Jean JAUNIAUX :
http://www.demandezleprogramme.be/Franchir-les-frontieres?rtr=y




Photo 76 de L'Aubaine

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